La forêt domaniale de l’Aigoual résulte d’un reboisement d’une grande ampleur durant la seconde moitié du XIXe siècle par le forestier Georges Fabre et ses collègues, aidé du botaniste Charles Flahault.

Forêt – sylviculture – Aménagement du territoire

plus de 15 000 hectares

Le mont Aigoual

Forêt domaniale ouverte à tous

La forêt domaniale de l’Aigoual résulte d’un reboisement d’une grande ampleur durant la seconde moitié du XIXe siècle par le forestier Georges Fabre et ses collègues, aidés du botaniste Charles Flahault. Actuellement gérée par l’ONF, la forêt domaniale de l’Aigoual couvre 16 000 ha au sein d’un massif forestier plus vaste.

La forêt de l'Aigoual, toute une histoire !

La forêt originelle montre la présence de pins, de bouleaux et de noisetiers (6500 à 5500 av. J.-C.), d’une chênaie mixte sous les pelouses du sommet de l’Aigoual (5500 à 2500 av. J.-C.), de hêtres mélangés à des pollens de chênes, de pins et de noisetiers sans doute apportés par les éclaircies dans la hêtraie et de rares sapins (2500 à 1000 av. J.-C.). L’homme intervient dans l’Aigoual dès l’âge du fer (900 av. J.-C.), les landes à callune se développent, le hêtre régresse, plus tard, le sapin disparaît. Il est difficile de connaître l’état forestier au sommet de l’Aigoual pour les premiers temps historiques. Au XVIIIe siècle, des témoignages parlent de vastes forêts de hêtres et de pins qui ont disparu rapidement à la fin du XVIIIe siècle. Après la vente des deux dernières petites forêts de l’Aigoual par l’état en 1853, un « partage des Indivis de Camprieu » du 3 janvier 1855 attribue à l’état 111 hectares qui constituent la petite forêt domaniale de Miquel. C’est l’unique noyau du domaine de l’état dans le massif avant la grande période des acquisitions et de la reforestation de l’Aigoual.

 

 

Les causes de la reforestation

Au milieu du XIXe siècle, le massif de l’Aigoual est totalement déboisé suite aux défrichements intensifs des paysans et au surpâturage, aux prélèvements pour le bois de chauffage, pour la mine et pour l’industrie des forges et des verreries. La population, nombreuse à l’époque, a surexploité la forêt et, la montagne, à nue, s’érode, sous les pluies torrentielles méditerranéennes lors des « épisodes cévenols ». Les crues catastrophiques se multiplient (1844, 1856, 1861, 1868) dans les vallées abruptes et très habitées du versant méditerranéen. C’est pour lutter contre l’érosion des sols, le ravinement et les crues qui en sont la conséquence que l’Aigoual a fait l’objet d’une politique de reboisement de grande ampleur.

 

Le contexte légal de la reforestation

Au début du XIXe siècle, les forêts communales de l’Aigoual passent sous l’administration des forêts malgré l’opposition des Cévenols. À partir de 1865, dans le cadre de la loi de 1860, sur le reboisement des montagnes, le forestier Pessard crée deux périmètres de reboisement dans le Gard et l’inspecteur Grosjean acquiert une hêtraie en Lozère, premier élément d’une future forêt domaniale. Georges Fabre, garde général des eaux et forêts, reprend la suite en 1875 et est responsable des reboisements de 7100 hectares de la partie gardoise de l’Aigoual. Cette loi établit des périmètres de reboisement obligatoire hors forêt et permet à l’État d’acquérir des terrains, le cas échéant, par expropriation, pour lutter contre la dégradation des sols et les risques d’inondations. Georges Fabre entreprend cette reforestation de l’ensemble du massif de l’Aigoual afin de régulariser les cours d’eau sur tout le bassin versant Méditerranéen. Il dépasse le cadre de la loi de 1882 qui restreignait les périmètres obligatoires aux dangers nés ou actuels et anticipe celle de 1913 qui ouvre des périmètres plus larges à l’échelle de bassin versant.

 

La reforestation de l’Aigoual... L’œuvre d’une vie

Georges Fabre entreprend la plantation d’une hêtraie sapinière. Il acquiert des taillis de hêtraie existants et a planté des essences pionnières qui se développent en l’absence de forêt afin de démarrer un couvert végétal d’arbres favorable à l’installation en sous-étage du hêtre et du sapin. Les conditions météorologiques et climatiques extrêmes de l’Aigoual rendent l’installation des essences pionnières délicates et les premières tentatives d’introduction sont un échec. Georges Fabre s’associe alors aux compétences du botaniste Charles Flahault pour rechercher et expérimenter la plantation d’essences pionnières adaptées. C’est dans ce cadre qu’ont été créés dix arboretums, dont celui de l’Hort-de-Dieu, ainsi que l’Observatoire météorologique de l’Aigoual.

Afin d’obtenir les financements pour la réalisation de son projet, Georges Fabre n’hésite pas à utiliser tous les moyens et va même jusqu’à Bordeaux pour solliciter et convaincre le maire de la ville que le problème de déboisement de l’Aigoual et l’érosion intense dont il fait l’objet sont responsables de l’ensablement progressif du port de Bordeaux.

Il achète le boisement de grandes surfaces en dehors du périmètre légal ainsi que des zones encore boisées afin de les protéger. De 1874 à 1914, la forêt de l’Aigoual passe de 111 hectares à plus de 12 000 hectares. Il achète à bon prix des terrains peu utilisés et embauche les locaux pour les plantations. Il transforme l’économie locale agropastorale en une économie forestière avec l’assentiment de la population. Il souhaite développer un équilibre agro-sylvo-pastoral et développe les infrastructures nécessaires à l’exploitation forestière ainsi qu’au développement touristique.

En 1900, Georges Fabre est promu au grade de conservateur des eaux et forêts, obtient la conservation de Nîmes et dirige l’ensemble des travaux sur l’Aigoual. En 1908, il est relevé de ses fonctions pour des raisons administratives obscures. Mais auparavant, il réussit à réaliser l’essentiel des reboisements prévus.

 

La forêt domaniale de l'Aigoual

La forêt artificielle ainsi créée, d’abord résineuse, s’est peu à peu enrichie en hêtres. Beaucoup des premiers résineux transitoires, pins à crochets, sylvestres, laricios, noirs d’Autriche, mélèzes d’Europe et du Japon, ont disparu selon les prévisions de Georges Fabre, remplacés par le sapin pectiné ou l’épicéa, des cèdres, des douglas ainsi que d’autres, exotiques, tels les séquoias géants. Selon les stations et les sols, frêne, érable sycomore, châtaignier, aulne glutineux, orme de montagne, se sont réinstallés spontanément. Le résultat donne une forêt qui s’étend naturellement de 1920 à nos jours. Actuellement gérée par l’ONF, la forêt domaniale de l’Aigoual couvre 16 000 ha au sein d’un massif forestier plus vaste.

 

Les arbres et la forêt pour tous

https://www.youtube.com/watch?v=26OiKH2Lv0c

À quoi servent nos forêts ?

Émission "C'est pas sorcier" : À quoi servent nos forêts ?

Clé de détermination des arbres

Le site de l'ONF

Une clé de détermination des arbres et de nombreux articles sur les arbres et la forêt

La hulotte

La hulotte

Guide des arbres: n°7 - Le chêne: n°22 - Comment planter un arbre: n°35 - L'épicéa: n°36/37 - L'aulne glutineux: n°51/52 - Arbre fourmilier: n°60 - Petit mystère des grands bois: n°88

Pour en savoir plus

La forêt domaniale de l'Aigoual, de l'objet biologique à l'objet patrimonial: construction d'une identité
de Frédéric Fesquet

Le reboisement de RTM de l'Aigoual en Cévennes

O. Nougarède, D. Poupardin et R. Larrère - 1988 -

Le massif domanial de l’Aigoual cent ans après Georges Fabre - Jean-Claude Guérin 2011

Plan de gestion de l'aménagement de l'Aigoual de l'ONF - 2017-2036

La forêt domaniale de l'Aigoual de Roger Frances - 1985