Architecture – Préhistoire

6 km – 2 heures

Saint-Germain-de-Calberte

Facile avec de bonnes chaussures : +205 m/-205 m

À éviter par temps de pluie – Fléchage jaune

Niveau scientifique pour tous

Départ – Au village de Saint-Germain de Calberte, au niveau de la place au monument aux morts, prendre la route, direction du village vacances Lou Serre de la Can. Se garer au village vacances.

Ce sentier donne des éléments pour décrypter des structures de schiste, comprendre si elles sont façonnées par la nature ou par l’homme. Elle emprunte en partie une draille, chemin de crête très ancien, généralement jalonné de vestiges préhistoriques.

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Les rocs de Galta

Suivre le chemin balisé en jaune, à l’intersection quittez le fléchage jaune et montez tout droit sur les crêtes. À la patte d’oie, reprendre le sentier fléché en jaune à gauche.

Vous marchez sur le schiste formé il y a 340 millions d’années.

Au loin, les Cévennes schisteuses s’étendent au sud  jusqu’au pays Viganais et l’Aigoual, elles sont limitées par la faille des Cévennes et les bassins houillers à l’Est, par les granites au Nord et les grands Causses qui les recouvrent, à l’Ouest. Vous cheminez sur une draille, chemin de crête parmi les plus anciens, utilisés par les troupeaux sauvages avant même l’arrivée de l’homme. En Cévennes, ces voies sont particulièrement riches en vestiges préhistoriques.

Par exemple, sur cette draille, le coffre de Galta est un tombeau rectangulaire, de 1,60 m sur 0,75 m, délimité par des dalles de schistes posées de chant. Autrefois, les coffres étaient recouverts d’un tumulus, structure arrondie constituée de terre et de pierres. En Cévennes, leur âge néolithique (2500 av. J.-C.) est attesté par des datations au carbone 14 ou par du mobilier.

Plus loin sur le sentier, les deux structures arrondies peuvent être des tumulus. Ils sont séparés par un alignement de schistes dont le feuilletage est vertical. Or géologiquement, le feuilletage dans ce secteur est à l’horizontale. Nous pouvons donc penser que l’alignement n’est pas naturel, mais provenant une construction humaine. Ces tumulus peuvent cacher une architecture de sépultures préhistoriques.

Enfin, à l’intersection des chemins vous apercevrez, le menhir du col de la Pierre plantée.  Haut de 1,5 m sur 0,80 m de large et 15 cm d’épaisseur, il a été taillé dans une dalle de schiste. En Cévennes, les menhirs sont toujours situés en hauteur, sur des crêtes, le plus souvent au niveau des cols. Les menhirs de schistes sont des pierres plates, taillées en arrondies. Comme la plupart, celui-ci a été redressé et l’on ne connaît pas son orientation initiale. Aucun menhir n’a été daté directement, mais les connaissances sur le mégalithisme leur attribuent un âge néolithique dans la région (2500 ans av. J.-C.). Leur présence est souvent associée à la toponymie (nom des lieux) comme ici, le col de la Pierre plantée. Leur fonction reste encore très débattue (point de repère, limite de territoire, calendrier naturel…).

Sur la gauche du menhir, le sentier vers Barre-des-Cévennes vous emmene aux vestiges de la villa-gallo-romaine de Saint-Clément à 1km. Pour rentrer directement, suivre en face du menhir le sentier, direction « Lou Serre de la Can ».

La sortie du 4 juillet 2020

Nous étions quinze à nous retrouver ce samedi matin ensoleillé pour arpenter le sentier des rocs de Galta. Quelques éléments de réflexion sur la formation du schiste, sur son érosion, quelques rappels sur les connaissances de la préhistoire de la région… Et nous voici armés pour observer, discuter, débattre et réfléchir sur les structures rencontrées. 

Nous cheminons sur la draille, qui relie les plaines du sud aux pâturages d’estives et qui nous dévoile des vues somptueuses sur les Cévennes, du mont Aigoual au mont-Lozère. Ces chemins de crêtes cévenols recèlent des vestiges préhistoriques, menhirs, coffres, tumulus…. 
Cet amas de schiste en tout sens, cette structure qui ressemble à un abri, cette cupule creusée dans le schiste… Sont-ils le fruit de la main de l’homme ou est-ce naturel ? Nous discutons, argumentons, chacun amenant sa pierre au débat pour mieux comprendre ces traces du paysage. 
Après le menhir du col de la pierre plantée, nous continuons jusqu’aux ruines de la seule villa gallo-romaine mise au jour dans les Cévennes schisteuses. Dans un cadre idyllique, nous découvrons avec émotion les fondations de cette villa rurale qui bénéficiait d’un confort inégalé, tel cet hypocauste, système de chauffage par le sol qui chauffait les pièces d’eau. Fanette, qui a consacré sa vie à étudier les amphores gauloises au CNRS, et Giorgio, journaliste et chroniqueur sur la vie des Romains en Languedoc, nous ont fait partager leurs savoirs sur cette période antique. 
Puis, nous reprenons alors le chemin du retour, les yeux remplis d’images lumineuses, ravis d’avoir foulé les traces de nos ancêtres et d’avoir appréhendé, pour un moment, leur monde disparu.

Éléments de bibliographie

Éléments de bibliographie sur la préhistoire en Cévennes

Documents généraux

  • Guilaine J. 1998 – Au temps des dolmens, « Éditions Privat », 166p.
  • Marc B. 1999 – Dolmens et menhirs en Languedoc-Roussillon, « Les presses du Languedoc », 128p.

 

Documents spécialisés

  • Bastide N. – Inventaire des richesses archéologiques du Parc national des Cévennes. Communes de Saint-Martin-de-Lansuscle et de Saint-Germain-de-Calberte. 1972-1976. Document du Parc national des Cévennes, Florac.
  • Gutherz X. 1988 – Les dolmens en Languedoc-Roussillon. Le Courrier archéol. du Languedoc-Roussillon, Montpellier, ADAL, automne 88, n ° 34, 23p, 8 fig.
  • Marcelin P. 1940 – La préhistoire te la forêt dans les Cévennes. Revue des eaux et forêts, n°78 p77-97.
  • Salles J. 1946 – Vestiges préhistoriques en Cévennes schisteuses au Nord-ouest d’Alès. (La chaîne du Mortissou). Bulletin sociologique et. Sci. Nat. Nîmes.
  • Soulié P. 1998 – La France des dolmens et des sépultures collectives (4500-2000 av. JC.), éditions Errance, 336p.

Thèses de doctorat  

  • Bec Drelon N. 2015 – Autour du coffre : dispositifs et aménagements des monuments funéraires mégalithiques en Languedoc et en Roussillon (IVe/IIe millénaires), Université d’Aix-Marseille, 477p.
  • Lorblanchet M. 1967 – Géographie préhistorique, protohistorique et gallo-romaine des Cévennes Méridionales et de leurs abords. Université de Montpellier, 273p.

 

 

 

Pour en savoir plus

Le sentier des Rocs de Galta "Sur les traces préhistoriques"

Fiche détaillée du sentier des Rocs de Galta « Sur les traces préhistoriques »

version numérique PDF et trace GPX  – 2,40 euros

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