La vallée de Paillère, son paléoglacier au Quaternaire, son cirque glaciaire au col de l’Aigle, ses moraines à Costeilades
4,5 km – 2 heures
Dénivelé 150 m
Costeilades
Le dossier sur la vallée de Paillère
Pour avoir tous les détails sur le sentier, téléchargez le dossier sur la vallée de Paillère réalisé par Philippe Gerbier
Ce circuit de 4,5 kilomètres permet de retrouver les traces évoquant l’existence d’un glacier au Quaternaire dans la vallée de Paillère. Au niveau de Costeilades, des moraines, sédiments fluvio-glaciaires, sont constituées d’éléments de granites sur le sous-sol schisteux. Des blocs erratiques de granite s’observent en de multiples endroits autour de Costeilades et notamment sur le verrou glaciaire qui marque l’extrémité de l’ancien glacier. Plus en amont dans la vallée, les affleurements de schistes ont des formes abrasées et plus haut, un ancien cirque glaciaire présente des rochers escarpés avec des éboulis à ses pieds. Le paléoglacier de Paillère est probablement l’une des langues qui dévalent vers l’est d’un grand glacier qui recouvrait le plateau du mont Lozère au Quaternaire, il y a plus de 20 000 ans.
Comment connait-on les glaciations du Quaternaire ?
La théorie glaciaire indiquant, d’après des observations de terrain, que les glaciers étaient plus étendus dans le passé a été formulée entre 1840 et 1841.
L’étude des coraux et des glaciers de l’Antartique et du Groenland, celle des fonds des océans marins où se sont accumulés les sédiments glaciaires, nous donnent des informations sur les glaciations anciennes. L’étude des fossiles de foraminifères du plancton, dont la composition isotopique de l’eau de mer varie en fonction de la température, nous permet de dater la succession des périodes de glaciations et interglaciaires. Les glaciations sont d’une vingtaine sur 3 millions d’années et présentent une périodicité due aux variations de la forme de l’orbite de la Terre autour du soleil , celles de l’inclinaison de son axe de rotation ou à la précession des équinoxes.
Les différentes glaciations du Quaternaire
L’avant-dernière glaciation le Riss, a pris fin il y a 120 000 ans environ et la dernière, le Würm, d’importance un peu moindre, s’est étendu de 80 000 à 20 000 ans. Le maximum de la dernière glaciation (Würm) est antérieur à 40 000 ans et le niveau marin était de 120 m plus bas ; les glaciers ont ensuite reculé à partir de 30 000 ans environ, puis une récurrence est survenue aux alentours de 25 000 ans avant la déglaciation. Ensuite un nouveau refroidissement entre 14 000 et 9 000 ans a été suivi d’un réchauffement il y a 6 000 ans avec un climat plus clément que de nos jours.
L’englacement du mont Lozère
L’englacement du mont Lozère est reconnu comme important et serait dù à sa topographie, dont l’altitude moyenne est parmi les plus importantes du Massif central français, ainsi que ces conditions météorologiques aux abondantes précipitations. Comme en Aubrac, sa morphologie en plateau a pu favoriser l’installation d’un glacier dit « ice-cap », peu épais et peu mobile d’où s’échappent de courtes langues de glaciers de vallées vers l’est du mont Lozère. La vallée de Paillère est l’emplacement de l’une de ces langues, plus au sud, d’autres langues marquées par des dépôts fluvio-gaciaires se distinguent, au bois de Longuefeuille, au nord de Concoules et au nord de Génolhac. Ces sédiments occupent des fonds de vallée, 10 à 20 m au-dessus du lit majeur. L’âge précis de l’englacement n’est pas connu.
Bibliographie sur les glaciations du mont Lozère
- Dewolf Y., 1975. II. Paléoformes et paléoformations périglaciaires ; dynamique nivale actuelle au sommet du mont Lozère. Bulletin de l’Association des géographes français, 52e année, janvier-février 1975, N°422-423, 67-70.
- Etlicher B., A. de Goer de Hervé, 1988. La déglaciation würmienne dans le Massif Central français, le point des travaux récents / The Würmian deglaciation in the French Massif-Central, review of recent works, Bulletin de l’association française pour l’étude du Quaternaire, 25-2-3 pp. 103-110.
- Martins C., 1868. Sur l’ancienne existence, durant la période quaternaire, d’un glacier de second ordre occupant le cirque du haut de la vallée de Palhères, dans la partie orientale du massif granitique de la Lozère. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, Paris, 2è semestre, séance du 9 novembre 1868, tome LXVII, N° 19, 933-937.
- Prost A.E., Deroin J.P., Simonin A., Deroin T. Le faciès pétrographique du Sommet de Finiels : résultat de la dynamique glaciaire sur le batholite granitique du mont Lozère (Cévennes, sud de la France) – Géologie de la France, n°2, 1991, pp3-7.
- Valadas B., 1975. I. Les modèles d’origine périglaciaire et leur évolution récente sur les plateaux de la Margeride et le mont Lozère. Bulletin de l’Association de géographes français, N°422-423, 52e année, Janvier-février 1975, 64-66.
Ce circuit a été réalisé avec l’aide de Philippe Gaubert et de Philippe Gerbier.
Les sédiments fluvio-glaciaires de Costeilades
Se garer à 500 m avant Costeilades. 200 m avant le hameau de Costeilades, vous observez des sédiments fluvio-glaciaires, des restes de moraines composées d’éléments de toutes tailles, blocs de granite, galets et de sédiments fins. Au hameau de Costeilades, une terrasse présente ces mêmes éléments et 200 m après le virage les moraines reposent sur le substrat schisteux. Ces matériaux résultent de l’érosion des eaux glaciaires, dues à la fonte des glaces ou au mouvement du glacier. Les blocs ont été érodés en amont où affleure le granite et ont été transportés par le glacier sur le sous-sol schisteux de la vallée de la Paillère.
Les blocs erratiques de granite
Au niveau du pont de Costeilades, descendre, passer sous le pont et emprunter le sentier qui descend vers la Paillère. Puis remonter jusqu’à rejoindre une piste. Tourner à droite. Dans le virage en épingle, continuer sur la crête. Vous passez devant un gros bloc de granite homogène (granite des Signaux), puis depuis la crête un point de vue se déploie sur le versant nord de la Paillère où vous observez de nombreux grands blocs erratiques en granite. Les blocs erratiques sont à l’origine de la théorie des glaciations émise par Playfair dès 1802. Ici ce sont de gros blocs de granite disposé sur des prés en hauteur ou terrasses dont le sous-sol est schisteux. Le granite affleure beaucoup plus en amont et la présence de blocs erratiques de granite en dehors de tout cours d’eau ne peut s’expliquer que par un transport par glacier puis fonte de ce dernier.
Le verrou glaciaire
Dans la vallée, un relief se distingue parsemé de blocs de granite. C’est un verrou glaciaire, un relief sur lequel le glacier vient buter et qui a été abrasé par la glace. Les blocs de granite transportés par le glacier se sont accumulés sur le verrou. Lorsque le glacier s’arrête sur le verrou, c’est un verrou terminal qui marque la frontière entre les formes glaciaires de l’amont et leur absence plus en aval. En aval du verrou, l’érosion devient fluviale. Retournez sur la piste et continuez la piste jusqu’à la rivière.
Le cirque glaciaire
En amont de la vallée, les rochers de l’Aigle forment un cirque glaciaire bien visible depuis le col de l’Aigle. Les parois situées au-dessus de l’ancien glacier n’ont pas subi d’érosion glaciaire et forment des à-pics escarpés où les rochers fragmentés lors de la gélifraction au Quaternaire étaient arrachés par la chute des blocs de glace donnant des reliefs escarpés et déchiquetés. Le fond du cirque aux pentes beaucoup plus douces présente des roches moutonnées. Le profil plutôt en V de la vallée de Paillère, et non en forme d’auge en U caractéristique des vallées glaciaires, pourrait s’expliquer par la nature schisteuse de la vallée, roche plus tendre que les granites alentour.
Figure sur le fonctionnement d’un glacier et ses dépôts réalisé par « geologues-prospecteurs.fr ».
Où dormir vers le mont Lozère ?
Hôtel Restaurant La Lozerette à Bédouès-Cocurès
- 04 66 45 06 04 -
Gîte, chambres d'hôtes de Liou à Ventalon en Cévennes
- 06 85 81 49 87 -
Où manger vers le mont Lozère ?
La sortie du 25 avril 2026
Nous étions seize dans la vallée de Paillère, vers Villefort, pour cette belle journée printanière sur les traces d’un glacier du quaternaire aujourd’hui disparu. Un premier arrêt en voiture nous permet d’observer le paysage vers le nord-est et vers la vallée de Paillère. Nous étudions de près la carte géologique de la vallée qui montre une vallée schisteuse en partie entourée de granite. Au sein de ces schistes, l’observation de blocs granitiques questionne.
Reprenant nos voitures, nous allons vers Costeilades et nous nous garons avant le village. Nous observons l’ensemble de la vallée depuis le cirque du rocher de l’Aigle sur les flancs du pic Cassini. Florence présente un schéma du fonctionnement d’un glacier, sa formation, son déplacement avec les arrachements, l’abrasion et le polissage qu’il provoque, les formes d’érosion ainsi que les dépôts fluvio-glaciaires qui lui sont associés. Ce sont ces traces d’érosion que nous allons rechercher, les roches moutonnées, les moraines, les traces de glissements, les blocs transportés…
Nous partons à pied et un peu plus loin, nous observons une terrasse constituée de blocs hétérogènes de granites et de schistes qui constituent un dépôt glaciaire appelé moraine. Au hameau, nous descendons vers le lit de la rivière, une petite aventure pour la traversée car les épisodes cévenols de l’année précédente ont emporté tous les gués…
Nous pique-niquons au bord de l’eau, et Philippe Gerbier nous explique comment fonctionne et se modifie le climat. Il nous parle des glaciations du Quaternaire, de leur période interglaciaire et de leurs causes. Puis nous montons sur un bloc rocheux au milieu du lit de rivière. Nous sommes au-dessus d’un verrou. Ici, de gros blocs de granite en partie arrondis ont été amenés sur le schiste par le glacier et sont restés sur place après la fonte de ce dernier. Philippe Gerbier nous explique alors les méthodes isotopiques permettant de calculer la température moyenne sur terre à travers le temps.
Puis nous retournons vers le hameau de Costeilades où nous entamons une discussion sur l’influence des glaciations et des changements climatiques sur la végétation, la faune et les populations préhistoriques. Enfin, retour aux voitures et direction le café de Villefort où nous finissons cette journée magnifique autour d’un bon verre !
La géomorphologie pour tous
La géomorphologie glaciaire
Descente au coeur des glaciers
Émission "C'est pas sorcier"
Le recul des glaciers
Émission "C'est pas sorcier"
En savoir plus sur la météorologie et le climat
Guide pratique de la météorologie
Guide pratique de la météorologie de Sélection de Reader's Digest, 1996
Atlas scientifique du climat et de la météo
Le monde/La vie - Hors-série 2024
Changement climatique : Comment sait-on ce que l'on sait ?
Les cours du collège de France 2024-2025 -
Paléoclimatologie - Tome I
Tome I - Trouver, dater et interpréter les indices -
Duplessy et Ramstein - 2013 - CNRS editions - 358p.
Paléoclimatologie - Enquête sur les climats anciens - Tome II
Tome II - Emboiter les pièces du puzzle : comprendre et modéliser un système complexe
Duplessy et Ramstein - 2013 - CNRS editions - 358p.
Éléments de bibliographie
Glaciations quaternaires du Massif central
Tourbières des Cévennes
Dynamique et contexte passés du développement d'une tourbière méditerranéenne (Massif de l'Aigoual, France) - Marion Bottollier et al. - 2009
Randonnées à pied
Les sentiers géologiques en Cévennes
Le guide géologique des Cévennes
par Florence Arnaud, Dr en géologie, 2017
La randonnée géologique de Ruas
Fiche détaillée du sentier de Ruas.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée des corniches dolomitiques de Cassagnes
Fiche détaillée du sentier des corniches dolomitiques de Cassagnes.
Version numérique PDF avec schéma et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée du calcaire autour de Sainte-Énimie
Fiche détaillée de la randonnée du calcaire autour de Sainte-Énimie
Version numérique PDFet la trace GPS du sentier - 2,40 €
L'itinéraire géologique à travers les Cévennes
Fiche détaillée de l'itinéraire géologique à travers les Cévennes en 2, 3, 4 et 5 jours
Version numérique PDF avec la carte et la trace GPS de l'itinéraire routier - À partir de 2,90 €
La randonnée géologique de Florac
Fiche détaillée du sentier de Florac.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée géologique de Camprieu
Fiche détaillée du sentier de Camprieu.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée des mines de Villemagne
Fiche détaillée de la randonnée des mines de Villemagne
Version numérique PDF et la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée géologique de Fraissinet-de-Fourques
Fiche détaillée du sentier de Fraissinet-de-Fourques.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée géologique de Génolhac
Fiche détaillée du sentier de Génolhac.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée géologique de Barre-des-Cévennes
Fiche détaillée du sentier de Barre-des-Cévennes.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée géologique du Col Saint-Pierre
Fiche détaillée du sentier du Col Saint-Pierre.
Version numérique PDF avec la carte géologique et la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée de la Vallée du Bonheur
Fiche détaillée de la randonnée de la vallée du Bonheur
Version numérique PDF avec la trace GPS du sentier - 2,40 €
La randonnée des glaciations quaternaires...Aux sources du Tarn"
Fiche détaillée de la randonnée des sources du Tarn
Version numérique PDF avec la trace GPS du sentier - 2,40 €
Vous aimez decouverte-cevennes.fr !
Adhérez et rejoignez nous !
































