La grotte de la Cocalière, sa formation, sa découverte, son aménagement et sa visite
Grotte
La grotte de la Cocalière
Visite guidée payante de mi-mars jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint – Horaires et tarifs
Le dépliant "l'histoire des roches et des paysages en Cévennes" - 2,90 €/5 €
Les sites sont extraits du dépliant « histoire des roches et des paysages en Cévennes » qui explique la géologie des Cévennes et présente une carte des lieux accessibles en voiture pour observer les traces de cette histoire.
La grotte de la Cocalière fait partie du réseau souterrain abandonné et asséché qui a été aménagé pour la visite du public.
Les différents réseaux du karst de Saint-André-de-Cruzières avoisinent 38 km de développement et leur exploration permet d’appréhender la représentation en 3D d’un karst :
– le karst superficiel situé en surface comprend des formations superficielles, des rochers affectés par la dissolution, les lapiés, des dépressions, des pertes, des exsurgences et des petites cavités de l’ancien réseau, aujourd’hui démantelé par l’érosion,
– le réseau souterrain abandonné, la grotte de la Cocalière,
– le réseau inférieur formé de grandes galeries, actif uniquement en hautes eaux, alimenté et ennoyé périodiquement lors de crues.
– Le réseau ennoyé en permanence, au niveau le plus inférieur, alimente la résurgence du moulin.
La formation du karst de la Cocalière
La grotte de la Cocalière fait partie d’un réseau souterrain d’une trentaine de km qui a été creusé dans les calcaires du Kimméridgien et du Tithonien formés entre 154 et 143 Ma. Ces calcaires gris clair forment des bancs de 0,60 à 0, 80 cm, séparés par de minces niveaux marneux. Ils ont été dissous en partie sous une couverture de sédiment et de sols, il y a 35 millions d’années, donnant le karst de Saint-André-de-Cruzières, forme typique d’érosion du calcaire.
Puis à partir de 13 Ma, le karst est démantelé par l’érosion qui continue de nos jours, et dont les traces de formations superficielles karstiques typiques s’observent en surface, à une cinquantaine de mètres au-dessus de la grotte. Un sentier d’interprétation avec des panneaux explicatifs permet de découvrir ce milieu, le relief, le microclimat, le sol, la végétation et la faune qui lui est caractéristique.
En profondeur, le réseau souterrain supérieur – soumis à l’altération des eaux à partir de 34 Ma est abandonné et asséché à partir de 13 Ma jusqu’à aujourd’hui. Il a été aménagé pour la visite du public sur un kilomètre, c’est la grotte de la Cocalière.
Plus profond, le réseau souterrain inférieur est alimenté par les eaux de pluie et les eaux des pertes (Clarysse, le Carle…).
La découverte et l'exploration de la grotte de la Cocalière
La grotte a été utilisée dès la préhistoire, il y a 45 000 ans avant J.-C.
En 1854, Jules de Malbos, un naturaliste ardéchois, emprunte l’aven de la Cocalière et parcourt la grotte jusqu’à la Cocalhère-Basse. Il reconnait également d’autres secteurs comme la goule de Sauvas. En 1892, l’ingénieur Gaupillat, un cousin d’Alfred Martel, le fondateur de la spéléologie, parcourt la Cocalhère-Basse jusqu’au premier plan d’eau. En 1937, Robert de Joly et son équipe trouvent un siphon dans la Cocalhère-basse et rejoignent un étage supérieur. C’est entre 1953 et 1966 que débute l’exploration méthodique de l’ensemble du bassin de St-André-de-Cruzières par la société de spéléologie et de préhistoire Gard-Ardèche (SSPGA). Longtemps bloquée par les plans d’eau, l’exploration du réseau a pu être effectuée entre 1969 et 1999 par des plongeurs spéléos qui franchissent de nombreux siphons à Peyrejal, à la Goule de Sauvas et à la Cocalière et découvrent des kilomètres de galeries, mettant en évidence la connexion entre différents réseaux. À l’heure actuelle, l’exploration continue, notamment celle de la Beaume de Chazelles qui n’a pas encore été reliée aux réseaux situés plus au nord.
L'aménagement de la grotte de la Cocalière
Ce sont les premiers jeunes explorateurs de la SSPGA, dont Christian Bouquet, géologue, André Marti et leurs amis qui ont l’idée d’aménager la grotte pour le public. Ils se lancent dans une aventure, sans moyens, qui dura 12 ans.
Le site extérieur est aménagé en 1965, un tunnel est percé et la Cocalière ouvre au public pour la première fois en avril 1967. Aujourd’hui ce sont les enfants de Christian Bouquet qui assurent le développement de la société familiale.
Une expérience particulière : Le 22 novembre 1991, le spéléologue Pascal Barrier s’enferme volontairement 113 jours dans la grotte de la Cocalière.
Références bibliographiques sur le réseau karstique de Saint-André-de-Cruzières et la grotte de la Cocalière.
Agence de l’eau et BRGM –Calcaires jurassiques de la bordure cévenole
Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse – Système karstique cuvette de Saint-André de Cruzières – Fiches, cartes et coupes géologiques et données sur le système karstique de St-André-de-Cruzières.
Baral C., Séranne M., Pistre S. 2019 – Geological setting of the Païolive karst (Ardèche, South of France): Consequences on its genesis and vertical development in C. Bertrand et al. (eds.), Eurokarst 2018, Besançon, Advances in Karst Science,8P.
Clerc C., Pistre S., Bérard P. – 2010 – Structure et fonctionnement du système karstique de Saint-André-de-Cruzières (Ardèche méridionale), Poster RST 2010 – Bordeaux – Session 1-3 « Karst et environnement».
Guyot J.L. – Étude hydrométrique de la résurgence pérenne du moulin de Pichegru – Contribution à l’étude hydrogéologique du synclinal de Saint-André-de-Cruzières (Ardèche) 1980 – DEA Sciences de l’eau – Univ. Montpellier.
Historique de la grotte de la Cocalière – Site internet officiel Grotte de la Cocalière
Hole J. P. Michaeli B. 1991 – Recherche d’eau pour irrigation à Saint-Sauveur de Cruzières (Ardèche) Compte-rendu des travaux de forage de reconnaissance. Document BRGM.
La visite de la grotte de la Cocalière
Lors de la visite de la grotte de la Cocalière, on entre dans de vastes galeries et plafonds, ornés de stalactites, de draperies et de nombreuses figures de dissolution. Les galeries et les concrétions sont mises en valeur grâce à des jeux de lumière. Des lacs reflètent les plafonds démultipliant la beauté de ces espaces grandioses. Localement des stalactites rejoignent des stalagmites formant des piliers de calcite aux formes particulières. Dans une des galeries, un chaos rocheux résulte d’un ancien éboulis. Dans l’une des salles, les bassins limités par des concrétions de calcite sont illuminés par des lumières colorées, contrastant parfois avec les couleurs rouge et blanc des concrétions de calcite alentour et donnant un côté féérique à la scène. De près, l’eau continue son action, goutant et participant à la concrétion de la calcite, telle une perle que l’on observe en voie de formation.
Dans une vaste salle, une pyramide en verre aménagée abrite une chambre mise en location pour expérimenter une nuit au cœur de la grotte. Plus loin, un secteur est consacré aux couches archéologiques, avec les outils, poteries et ossements préhistoriques découverts lors des fouilles. Le site a révélé une occupation humaine très dense allant du Moustérien (45 000 ans av. J.-C.) à l’âge du Fer (400 ans av. J.-C.).
L’écosystème de la grotte de la Cocalière
Cette grotte possède des espèces d’arthropodes souterrains de grande valeur patrimoniale : le coléoptère Diaprysius fagei (découvert en 1914) et la Bathynelle stygobie (crustacé aquatique souterrain), une espèce inscrite dans la liste rouge des espèces menacées en France.
Par ailleurs, un spéléologue du village, Benjamin Dubois, découvre que le réseau souterrain de la Cocalière a abrité des chauves-souris. Laurent Bruxelles, géomorphologue et archéologue au CNRS a confirmé la colonisation de rhinologues, chauves-souris au nez plat, il y a des milliers d’années grâce à leur impact sur certaines concrétions. En effet, le CO2 dégagé par la respiration des chauves-souris et les acides relâchés par leurs fientes créent un microclimat et de la matière organique qui laisse des traces sur les concrétions calcaires (phénomène de biocorrosion).
L’impact des chauves-souris a pu modifier considérablement les parois des galeries et également faire disparaitre des peintures rupestres, comme l’on en trouve dans des grottes ornées à la préhistoire qui ont été préservées de l’occupation de chauve-souries comme la grotte Chauvet.
La sortie du 31 juillet 2023
Nous étions 11 à nous retrouver devant la grotte de la Cocalière pour une journée extraordinaire sur le karst de St-André-de-Cruzières. Nous débutons cette journée par la visite officielle de la grotte, le réseau souterrain et asséché qui est proposé à la visite du public. Nous cheminons au travers de galeries immenses, les plus somptueuses les unes que les autres, dévoilant ses draperies, stalactites, stalagmites, concrétions de calcites en boules ou en méduse. Une goutte d’eau tombant au même endroit permet d’admirer la formation en cours d’une perle de calcaire. Les concrétions de calcite qui tapissent les murs de la galerie se reflètent dans l’eau sur le sol ou l’eau des bassins bordés de calcite, démultipliant la beauté de ces espaces grandioses. Nous traversons une galerie parsemée de bassins, délimités par des concrétions de calcite, agencés les uns sous les autres, et illuminés par des lumières colorées, donnant un côté féérique à l’ensemble. Dans une vaste salle, une pyramide en verre aménagée abrite une chambre mise en location pour expérimenter une nuit au cœur de la grotte. Plus loin, un secteur est consacré aux couches archéologiques, avec les outils, les poteries et les ossements préhistoriques découverts lors des fouilles.
À la sortie de la visite, Philippe nous donne des indications sur l’étendue du karst et nous continuons sa découverte en empruntant le sentier de découverte des formations karstiques superficielles qui part du parking. Ce sentier traverse le paysage karstique formé des calcaires du kimméridgien (154 Ma) au Tithonien, dernier étage du Jurassique (143 Ma). Des panneaux expliquent le contexte de la géologie locale, la formation du calcaire, la formation du karst et ses formes particulières, ainsi que la végétation et la faune associées à ce milieu si particulier.
De retour au parking, nous pique-niquons à l’ombre avant de découvrir le réseau souterrain actif. Nous allons alors en voiture à la Goule de Sauvas, début du réseau où disparaît la Claysse, la rivière qui draine le karst.
Puis nous rejoignons l’entrée du réseau actif lors des fortes pluies, après nous être bien renseigné qu’aucun orage n’a eu lieu ou n’est prévu dans toute la région avant et pendant notre visite. PRÉCAUTION DE SÉCURITÉ INDISPENSABLE , car ce réseau peut être entièrement ennoyé par fortes pluies. Nous atteignons l’entrée des galeries après avoir escaladé les bancs calcaires, et monté les barres en fer sur 4-5m de haut, en étant assurés par une corde par Philippe. Nous atteignons l’immense galerie de 3 m de large sur près de 10 m de haut que nous découvrons grâce à nos lampes frontales. La température doit être entre 10 et 15 °C et sommes habillés en conséquence. Nous marchons sur un sol formé de sable grossier, localement de galets. Autour de nous, les murs sont tapissés de concrétions calcaires, draperies, stalagmites et de figure d’érosion, trous formés par l’eau. Nous progressons sur un sol irrégulier où bientôt l’accumulation d’alluvions comble en partie la galerie, nous amenant vers une sortie à l’air libre. Après une pause en plein air, nous continuons dans la deuxième partie de la galerie avant de faire demi-tour. Sortant de la galerie nous empruntons le lit de la Claysse asséché avant de rejoindre les voitures.
Enfin, nous nous retrouvons tous au café de Saint-Paul-le-Jeune autour d’un verre, après cette journée incroyable de découverte d’un karst en trois dimensions, ses formations superficielles, celles souterraines asséchés et enfin son réseau souterrain actif plus profond.
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Altération et karstification sous couverture : le rôle morphologique de certaines formations superficielles du Causse de l’Hospitalet (Larzac, Aveyron)
L. Bruxelles et P. Ambert - Cahiers savoisiens - 1999
Reconstitution morphologique du Causse du Larzac
Laurent Bruxelles - Karstologia - 2001
Formes et formations superficielles de la partie ouest du Causse de Sauveterre (Grands Causses)
L. Bruxelles et al. - Karstologia - 2007
Géodynamique et évolution géomorphologique des Grands Causses
L. Bruxelles et H. Camus - Karstologia - 2010
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Laurent Bruxelles - Karstologia - 1997
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Agence de l’eau et BRGM
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Fiches, cartes et coupes géologiques et données sur le système karstique de St-André-de-Cruzières.
Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse
Les karsts dans le Jurassique ardéchois
Thierry Marchand 1992
Rapport de recherche d'eau pour irrigation à Saint-Sauveur-de-Cruzières (Ardèche)
B. Michaeli et J.P. Hole, 1991
rapport BRGM Rhône-Alpes.
Étude hydrométrique de la résurgence pérenne du moulin de Pichegru
Guyot J.L. –1980 – DEA Univ. Montpellier.
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Nathalie Baldo, conception, chorégraphie et interprétation solo de - Roches - Je porte le nom d'une montagne - Compagnie La pluie qui tombe - 2021.
LA RÉSURGENCE DU BONHEUR- Depuis 2021 je suis le cours de la rivière du Bonheur sur les pas de l'explorateur Edouard-Alfred Martel, inventeur de la spéléologie moderne et initiateur de la première loi de protection de l'eau, votée en 1902. Puis j'ai prolongé mon itinéraire géographique et photographique par de la création sonore, inspirée par l'évidente métaphore de ce lieu de nature généreuse. J'ai ensuite réalisé un livret d'artiste façonné et relié à la main d'un fil jaune cousu accompagné d’images d’archives personnelles et d'un site internet où sont diffusées les premières captations sonores :
www.photosonore.fr/dubonheur
Sébastien Siraudeau, photographe - La Résurgence du Bonheur - 2021.
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