villa gallo-romaine – habitat

1/2 heure sur place

Saint-Martin-de-Lansuscle

Panneaux explicatifs devant les ruines de la villa gallo-romaine

Accessibilité au site avec de bonnes chaussures

Soif gauloise, et des autres...

Emission de France culture avec Fanette Laubenheimer – 30/12/2018 – 30 mn

Les ruines de la villa gallo-romaine de Saint-Clément, occupée de 130-190 apr. J.-C., sont un témoignage unique dans les Cévennes schisteuses. Un panneau explicatif renseigne sur le site d’après les fouilles archéologiques de Numa Bastide.

Accès – Le site est accessible à pied à partir du col de la Pierre plantée sur Saint-Germain-de-Calberte ou du plan de Fontmort sur Saint-Martin-de-Lansuscle. L’accès au col de la Pierre plantée se fait soit à pied à partir du village vacances de Saint-Germain-de-Calberte, soit en voiture par une piste forestière. Depuis Saint-Germain-de-Calberte, au niveau de l’église et de la place aux monuments aux morts, prendre la direction du village vacances Lou Serre de la Can. Après 5 km, une route indique le village vacances, la piste qui suit, lorsqu’elle est praticable, amène directement au col de la Pierre plantée. 

Dans la région des Cévennes, les traces d’une occupation gallo-romaine se retrouvent dans la toponymie comme Florac, Ispagnac, Quézac. Les ruines de Saint-Clément sont les seuls vestiges d’une villa gallo-romaine dans les Cévennes schisteuses. Le site a été occupé de 130 à 190 ans apr. J.-C. comme l’atteste la découverte de pièces de monnaies et de céramiques de Banassac.

Visite de la propriété

Les fouilles ont mis en évidence les bases de différentes pièces d’habitation d’une villae de 15 m sur 16 m, construite en schiste. Les villae sont de grandes exploitations agricoles qui regroupent la maison du propriétaire et des bâtiments annexes ruraux. Sidoine Apollinaire, poète et écrivain antique, décrit admirablement dans ces lettres les villae dans lesquelles il séjourne durant ses voyages.

Les sols sont formés de plusieurs couches : terre crue, puis des schistes disposés en écailles de poissons, surmontés d’un niveau en mortier de chaux recouvert de petits cubes de briques, une sorte de mosaïque sans motifs. Les murs étaient enduits à l’intérieur comme à l’extérieur.

L’entrée de la maison est à l’Est. Un escalier sous voûte donnait accès à une grande terrasse dallée de schistes à grenats, exposée au Sud-Est. Puis un couloir dessert la pièce principale qui possède une cheminée, en forme de demi-cercle dont il reste la base. Elle est adossée à la paroi nord-ouest, la plus exposée au froid.

Ce couloir amène à deux petites pièces, une réserve et une petite pièce cuisine enduite d’une couche rougeâtre destinée à la rendre étanche. Elle possède un bassin-évier et la présence de tuyaux de plomb témoigne d’une arrivée d’eau. Le sol, légèrement incliné, permettait de récupérer l’eau dans le bassin et de l’évacuer à l’extérieur.

Une villa au confort romain

Un chauffage par le sol

La partie nord comprend des pièces chauffées par un hypocauste et probablement deux chambres. L’hypocauste est constitué d’un foyer entretenu de l’extérieur d’où partent de larges ouvertures. L’air chauffé est diffusé dans un passage souterrain, entre le sol et un plancher et permet de chauffer deux pièces.

Aménagement pour l’eau

La maison est entourée d’un muret extérieur séparé du mur de la maison par un fossé. La profondeur de ce dernier, plus bas que le niveau du sol à l’intérieur de la maison, permet d’éviter les entrées d’eau de l’extérieur et l’humidité excessive dans la maison.

La terrasse dallée, légèrement inclinée vers l’escalier d’accès permet l’écoulement des eaux dans le fossé.

À proximité de la maison, il existe actuellement une source qui montre l’existence d’une eau courante et permanente à proximité. Une source a probablement desservi la villae comme l’atteste la présence de tuyaux de plomb dans l’habitation.

Une propriété d’un niveau social aisé

L’existence de bâtiments secondaires et les aménagements de la maison suggèrent que la villae était occupée par un propriétaire d’un rang social élevé. La voie royale juste au-dessus du site était vraisemblablement l’une des nombreuses voies gallo-romaines qui traversaient les Cévennes et permettaient entre autres d’exporter les céramiques de la région jusqu’en Europe centrale et en Syrie. En effet, Banassac (Haute-Lozère) abritait 70 potiers et le Rozier, au sud-ouest du Causse Méjean, 9 potiers. Plus au sud, à Graufesenque, près de Millau, durant un siècle et demi, ce sont plus de 500 ateliers de céramiques qui ont fonctionné. Ces villae et leur fonctionnement ont été admirablement décrites par Sidoine Apollinaire (430 à 486 ap. J. C.), homme politique, évêque et écrivain, dans ses lettres de correspondances et poésies.

Le panneau explicatif du site est dédié à la mémoire d’Yves Bruc, garde moniteur du Parc national des Cévennes.

La sortie du 4 juillet 2020

Nous étions quinze à nous retrouver ce samedi matin ensoleillé pour arpenter le sentier des rocs de Galta. Quelques éléments de réflexion sur la formation du schiste, sur son érosion, quelques rappels sur les connaissances de la préhistoire de la région… Et nous voici armés pour observer, discuter, débattre et réfléchir sur les structures rencontrées. 

Nous cheminons sur la draille, qui relie les plaines du sud aux pâturages d’estives et qui nous dévoile des vues somptueuses sur les Cévennes, du mont Aigoual au mont-Lozère. Ces chemins de crêtes cévenols recèlent des vestiges préhistoriques, menhirs, coffres, tumulus…. 
Cet amas de schiste en tout sens, cette structure qui ressemble à un abri, cette cupule creusée dans le schiste… Sont-ils le fruit de la main de l’homme ou est-ce naturel ? Nous discutons, argumentons, chacun amenant sa pierre au débat pour mieux comprendre ces traces du paysage. 
Après le menhir du col de la pierre plantée, nous continuons jusqu’aux ruines de la seule villa gallo-romaine mise au jour dans les Cévennes schisteuses. Dans un cadre idyllique, nous découvrons avec émotion les fondations de cette villa rurale qui bénéficiait d’un confort inégalé, tel cet hypocauste, système de chauffage par le sol qui chauffait les pièces d’eau. Fanette, qui a consacré sa vie à étudier les amphores gauloises au CNRS, et Giorgio, journaliste et chroniqueur sur la vie des Romains en Languedoc, nous ont fait partager leurs savoirs sur cette période antique. 
Puis, nous reprenons alors le chemin du retour, les yeux remplis d’images lumineuses, ravis d’avoir foulé les traces de nos ancêtres et d’avoir appréhendé, pour un moment, leur monde disparu.

Éléments de bibliographie

L’essentiel des données de cet article proviennent du rapport de fouille de la villa gallo-romaine de Saint- Clément:

  • Bastide N.  Une villa gallo-romaine : dans les Cévennes à Saint-Clément sur le mont Mars. Almanach cévenol 9 – p41-79.
  • Bastide N. (1976) Une villa gallo-romaine : dans les Cévennes à Saint-Clément (Lozère). Revue du Gévaudan, des Causses et des Cévennes, 22 – p134-195.

Pour en savoir plus

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